LIVOO

Tout d’abord, peux-tu te présenter pour nos lecteurs de KIOSK ?

Pas de problème, je m’appelle LIVOO, j’ai 33 ans, je suis né dans les années 80, j’ai fait 10 ans de conservatoire, 8 ans de piano, 5 ans de guitare. Et puis, mon oncle est DJ, donc j’ai commencé par acheter une platine, quelques vinyles vers 14 ans, j’ai commencé à mixer dans ma chambre, et des petites compiles pour les potes au collège sur les casettes et les minidisques. Il s’est avéré que j’ai jamais eu l’objectif d’en faire mon métier, c’est-à-dire que j’ai rencontré des potes, de potes, de potes avec qui j’ai bossé sur un petit groupe de Rap. A un moment donné j’ai rencontré un mec qui m’a dit qu’il voulait monter de nouvelles soirées accès danseurs à Paris, il m’a demandé si ça m’intéressé de le faire avec lui ou pas, mais plus en tant que communiquant que DJ à la base. Je lui ai répondu « Pourquoi pas », et on a monté la soirée dans des petits clubs à Paris de 70 personnes.
Une fois ce mec-là est tombé sur une de mes cassettes, et m’a dit « Mais…tu mixes ? » à quoi je lui ai répondu : « Ouais mais je n’ai pas l’intention de le faire en club ». Donc voilà, il écoute les cassettes, jusqu’au jour où il me dit : « J’ai un Dj qui est en retard, ramène tes mixes, ti va faire la première partie. » Sauf qu’il m’a planté au lieu d’arriver à minuit, il est arrivé à 2h du matin. Je me suis retrouvé avec 50 vinyles à mixer. Donc, après ça, je suis tombé dedans vers 97-98, et depuis j’ai jamais raccroché. De fil en aiguille, j’ai écumé presque tous les clubs parisiens.

Presque par accident en fait ?

Au début ouais, par des relations et maintenant ça fait 6 ans que je ne fais que ça. Je joue beaucoup, beaucoup, à Paris.

Quel est ton meilleur souvenir ?

Mon meilleur souvenir en tant que DJ, c’est lorsque j’ai mixé chez Maxime pour la soirée « Oiseaux de nuit » où j’ai croisé Scarlett Johansson et Pharrell Williams. C’était plus pour le côté fanatique de Pharrell et aussi… pour Scarlett. Et puis si, dernièrement enfin il y a 3 mois, j’ai mixé avec Dj Premier que j’écoute depuis petit. Un mec super humain, donc forcément un souvenir énorme.

Mise à part le tatouage affreux de Scarlett, quel est ton pire souvenir en tant que DJ ?

La plus grosse galère…Déjà le deuxième, je suis parti en booking je sais plus trop où, je suis parti sans mon chargeur de mac, donc voilà, pas bien. Et le pire, c’est avec un promoteur, qui m’a booké pour une soirée, qui était censée être une grosse soirée dans le sud de la France, dont je tairais le nom de la boite mais assez connue dans le sud de la France, et il s’avec que le mec n’a pas fait sa promo et je termine à jouer devant 5 personnes.

Quel est le lieu, où tu rêverais de jouer ?

Je ne vais pas être très original, tout ce qui est type festival, du genre Coachella.

Du coup pour l’avenir tu as des projets ? Sortir un EP, ou autre… ?

Alors moi, j’ai pas mal de productions mais pas forcément en relation avec du clubbing, mais plus pour des publicités, des courts-métrages etc. J’ai mes edit et mes remixes perso que je ne diffuse, car pour moi être Dj est un métier, et producteur en est un autre. Je ne veux pas m’auto proclamer DJ et producteur, malgré mon bagage de conservatoire, mais je ne veux pas mélanger les deux. Ce sont des métiers différents, et ceux qui se disent l’être me font rigoler, car les deux tiers sont soi très bons producteurs et mauvais Dj, et vice versa.

Quelle est ta vision du mixe par rapport à ce qu’il se passe aujourd’hui ?

Je vais parler en tant que vieux con, mais je pense qu’il y a un souci avec la mode du Djing, c’est la mode DE, donc ça attire pas mal de monde, et avec tous le matériel aisément accessible tout le monde peut essayer et se lancer. Avant la technique, il y a une grosse partie de sélection sur la culture musicale, c’est une passion. Avec pas mal de Dj connus sur Paris l’autre jour, nous sommes partis sur un délire comme quoi pour être pilote, il faut un diplôme, pour être prof aussi, alors pourquoi n’en faudrait-i l pas un pour être Dj. Ça existe, mais ça manque de valorisations. Malgré que je ne sois pas contre les petits jeunes, dont certains vont nous bouffer dans 2-3 ans.

En parlant du mix, tu es plus analogique ou numérique ?

Alors déjà je suis passé en numérique pour le dos, (rire), et je bosse sous Serato et je suis hyper fan. On a beau rester sur le touché des vinyles de l’époque, mais maintenant sous Serato je peux plus faire les mêmes sons qu’avant. Je suis pour l’évolution, mais plus dans les outils qui t’aident plus que les trucs tout mâchés comme les dernières CDJ de Pioneer qui permettent grâce à un câble optique de synchroniser tout ce que tu veux.

On va maintenant passer aux questions un peu « WTF », donc comme tu le sais le pape va prendre sa retraite, donc si il te propose de mixer à son pot de départ en mode « putes et coke » que lui réponds-tu ?

Euh… Coke non, je suis un peu anti-drogue, mais le reste oui.

Et la dernière, si on te propose un contrat très juteux du genre a être tranquille jusqu’à la fin de ta vie. Mais tu devrais pour cela faire un clip avec Susan Boyle, et dont le clip comprendra des scènes assez érotiques et dénudées entre vous deux, que réponds-tu ?

Ca dépend du cachet, mais c’est comme tout, c’est le business, tu me proposes une grosse somme, ben ouais, « Salut les garçons ». Je mets un coup à la Boyle, on se casse, et je recommencerais à mixer dans ma chambre comme quand j’ai commencé et c’est cool.

— Interview réalisée en 2013, à l’occasion de KIOSK #7

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