Wax Tailor

Pourquoi ce nom de Scène, « Wax Tailor » ?

Alors Wax Tailor ça veut dire Tailleur de Cire, donc Tailleur de Cire pour la cire du vinyle. J’ai toujours travaillé ainsi avec la matière première, je fabrique mes instruments avec des sons upload de vinyles, des notes échantillonnées donc le fait d’aller les extirper et de reconstruire avec ça, je me considère comme un tailleur de cire.

Pourquoi vous vous qualifiez de metteur en sons ?

Parce que c’est ce qui résume le plus clairement ma position par rapport à la musique, c’est à dire que je suis compositeur, musicien, arrangeur, Dj, etc. Donc ce qui est le plus intéressant dans ce que je fais c’est ça, c’est cette position de réalisateur, de quelqu’un qui prend de la distance mais qui ne fait pas tout.

Beaucoup de bruitages et d’extraits de films dans vos morceaux, pourquoi ce choix ?

C’est pas un choix, c’est juste une considération que la musique c’est du bruit organisé et que tout est matière. Le bruit c’est quelque chose qui consolide le fait de plonger dans un univers, c’est un décor. Personnellement je n’arrive plus à vraiment identifier tout se qui est arrangement, le rajout d’une flûte ou d’un bruit extérieur. Par exemple sur l’album précédent j’ai beaucoup travaillé là-dessus, ça me semble logique.

Les artistes avec qui vous collaborer, sont plus amis ou une simple collaboration ?

C’est les deux, tout commence par une rencontre, j’ai des artistes fétiches avec qui j’aime continuer sur certaines dates, et après y a des envies spontanées où tu te dis  » Tiens j’aimerais faire ce morceau avec untel « . L’idée après c’est de les contacter, et que dans le meilleur des mondes tout se passe bien.

Comment s’est déroulée la rencontre avec Aloe Blacc ?

Aloe je le connais depuis presque 10ans, à l’époque où il était franchement pas connu, j’ai eu la chance de le croiser, il a fait ma première partie à la Cigale il y a 5 ans et depuis pas besoin de faire l’histoire de son parcours. Après on est resté en contact, moi c’est vraiment des histoires de moments, on en avait déjà parlé un peu sans avoir d’idées claires, et pour moi c’est devenu comme une évidence dès que j’ai eu le tire j’ai pensé à lui.

Le premier album est sorti en 2005, après ça vous sortez un album tous les deux – trois ans. Est-ce qu’il y en a un nouveau en préparation ?

Non, et d’ailleurs si tu regardes bien, c’est plutôt 2 ans , 2 ans , 3 ans , c’est un peu un syndrome, après tu peux avoir un déclic, ça peut arriver. Mais après quand tu tournes comme moi avec 100 dates à chaque nouvel album, c’est très difficile de faire plus court au niveau des albums et surtout que le live me prend beaucoup de temps. On verra, car sur cet album je me suis pas fixé de date limite, au bout d’un moment je me suis dit: « Je vais pouvoir le sortir là. »

Selon vous, a-t-on déjà tout découvert au niveau musical ?

Est-ce qu’on a tout vu, oui et non, je crois pas en la grande révolution, pour moi il y a pas de petite étincelle, évidement un renouveau complet du genre, ça me parait impossible. Je sais pas, après ce qu’il s’est passé entre 67 et 71 dans la musique, ça arrivera plus jamais. Par contre y a des phases, y a des trucs un peu nouveau, qui viendront secouer le cocotier. Ce n’est pas péjoratif dans ma bouche, je pense que quand il y a des courants forts ça peut marcher, mais après de là à dire que l’Angleterre a révolutionné la musique avec le Dubstep, personne n’y croit.

Un peu comme Daft Punk qui ont lancé la French Touch à travers le monde ?

Ouais ce sont des moments précieux, des tendances, mais moi je pense que ce sont des mouvements inscrits en profondeur. Mais après ça n’empêche pas de revenir avec des choses nouvelles.

Pour finir avez-vous quelque chose à dire à nos lecteurs de KIOSK ?

Qu’est-ce qu’on pourrait dire à nos lecteurs … Si je devais rajouter un truc, je dirai qu’aujourd’hui je fais un disque avec envi dans une démarche d’artisan. Ça veut dire que je fais un disque qui existe un peu à contre courant du digital, malgré que j’ai rien contre car c’est super bien pour tout le monde, mais je suis plus dans l’optique d’avoir l’objet, le visuel. Donc j’espère que les lecteurs vont voir à quoi ça ressemble.

— Interview réalisée en 2012, et à retrouver dans KIOSK #4

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