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Publié le 16 Déc 2016

Vous avez sûrement déjà tous entendu parler de l’Urbex. Contraction des mots « exploration urbaine », cette pratique devenue très en vogue au cours des dernières années, consiste à explorer des lieux abandonnés ou interdits au public. Et parce que chez KIOSK nous sommes un peu aventuriers sur les bords, nous avons décidé de lancer notre propre rubrique: URBEX by KIOSK. Lors de la première édition, nous vous emmenions découvrir des trains d’une autre époque, aujourd’hui, pénétrez avec nous dans La Villa de l’Ambassadeur.

Un jardin à perte de vue, une villa sur trois étages et des murs recouverts de velours. Loin de Paris et de son chaos continuel, ce quartier résidentiel de banlieue renferme un trésor peu commun: notre exploration du jour. L’accès à la propriété est sans encombre. Derrière un grand portail et une végétation opulente se cache la bâtisse. Abandonnée depuis quelques années, cette villa appartenait autrefois à l’ambassadeur africain de la Somalie. Malheureusement aujourd’hui il ne reste quasiment plus rien à l’intérieur. Cependant, la visite du lieu n’en est pas moins intéressante.

Dès notre entrée dans la demeure, mon acolyte et moi-même comprenons que nous ne sommes pas les premiers visiteurs. Les vitres sont pour la plupart cassées et quelques tags s’affichent aux murs. Nous commençons notre visite et décidons de pousser la première porte venue. Alors que cette dernière s’ouvre devant nous, nous échangeons un regard. La scène est digne d’un film. Derrière la porte, un escalier plongé dans le noir. Bien qu’animés par notre curiosité notre angoisse n’en est pas moindre. Et cachés derrière nos lampes torches nous descendons dans la pénombre. Nous sommes au sous-sol.  Un faisceau de lumière transperce la pièce et attire notre regard sur un journal posé sur une table. Il est écrit « The Sunday Telegraph », 13 Novembre 1988. Quelque chose grince au loin. Au fond d’un couloir, dans une pièce non éclairée se cache une vieille chaudière. Ce sont ses plaintes que l’on entend.

Nous sommes de retour dans la pièce principale du sous-sol. De vieux magazines et journaux jonchent le sol. Certains sont écrits en arabe, d’autres en anglais. Avant de regagner le rez-de-chaussée, il reste une dernière pièce à découvrir. À l’intérieur de celle-ci, gît un vieux canapé poussiéreux au style Louis XIV et les restes de ce qui semble être des lits superposés. La pièce n’abrite aucune fenêtre et une odeur de renfermé s’en dégage.

À présent, de retour au rez-de-chaussée, nous traversons la cuisine pour rejoindre l’escalier qui nous conduira à l’étage. La cuisine est l’une des rares pièces dans laquelle logent encore quelques meubles. Le four est entrouvert, mais pas de gâteau à l’intérieur. Ici aussi le sol est tapissé de journaux et magazines, et il nous faut nous frayer un chemin pour atteindre l’escalier. Rejoindre l’étage s’annonce plus difficile que prévu. Une partie de l’escalier est en ruine. Malgré le risque d’effondrement nous décidons tout de même de monter. L’escalier semble s’affaisser un peu plus à chaque marche franchie. Mais il ne cède pas et nous arrivons au premier étage entier.

L’étage se divise en de nombreuses pièces: trois salles de bain, au moins trois chambres et des pièces annexes. La plupart des murs sont recouverts d’un papier peint effet velours. Les rayons du soleil s’infiltrant par les volets viennent caresser ces murs si singuliers. Baignés dans une ambiance feutrée, nous sommes bercés par les couleurs chaudes émanant de chaque pièce.

Tout comme le rez-de-chaussée et le sous-sol, il ne reste plus rien. Le papier peint se décolle des murs. Les miroirs sont tagués et certains volets condamnés. L’une des salles de bain est plongée dans l’obscurité, mais on devine dans un coin une magnifique baignoire. Immense, elle est ornée d’une mosaïque bleue turquoise. Les deux autres salles de bain arborent elles aussi un décor bleuté aux nuances différentes. Il est facile de se figurer que de grands lits et un mobilier luxueux comblaient ce vide auparavant. Aujourd’hui, libre à nous de laisser notre imagination meubler les lieux comme bon nous semble. Nous nous dirigeons vers la dernière pièce, mais celle-ci semble trop fragile pour s’y aventurer. La visite du premier étage se termine donc ici.

L’accès au deuxième étage étant malheureusement impossible, l’exploration se termine ici. Cette partie de la villa n’a plus grand-chose à offrir, mais la lumière omniprésente comble finalement ce désert architectural, et sublime l’espace. Elle s’immisce de toute part et perce chaque vitre cassée, chaque volet entrouvert.

L’exploration touche à sa fin. Avant de quitter les lieux nous inspectons le jardin. Selon nos recherches une Nissan Bluebird y reposait autrefois. Néanmoins, la voiture a disparu, et le jardin est aussi vide que la maison. Il est temps de quitter les lieux. Sur le chemin du retour nous parlons déjà des prochaines explorations, et derrière nous La Villa de l’Ambassadeur attend ses prochains visiteurs.

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